L'Église, composée d'une seule nef et d'un sanctuaire rectangulaire, possède une façade dominée par un massif en forme de tour, occupant le premier quart de la nef. Cette structure de tour-façade donne une allure militarisée et défensive à ce bâtiment, justifiant sa désignation d'église-forteresse.
En effet, ce massif turriforme est unique en son genre dans le panorama de l'art roman portugais : ce corps occupe toute la largeur de l'Église et, respectant les fonctions de la façade ouest, il forme une structure verticale qui s'élève au-dessus du niveau de la nef.
Mais, c'est à l'intérieur que ce massif affiche son originalité car il crée, dans cette partie du temple, une solution composée de trois nefs étroites, avec des voûtes parallèles en pierre de taille, une pierre par travée.

Trois arcs en plein cintre reposent sur deux piliers quadrangulaires hauts et robustes, s'y adossant également des demi-colonnes sur trois côtés. Ce sont ces piliers, ainsi que les contreforts extérieurs, qui s'achèvent sous la corniche, qui soutiennent toute cette structure.
L'arc central est beaucoup plus élevé que les autres, allant même jusqu'au plafond lambrissé de la nef.
La voûte de la petite nef centrale est plus élevée que les voûtes latérales et accompagne les arcs au même niveau. Elle est encore soutenue par un petit arc doubleau reposant sur des corbeaux. Deux arcs formerets reposent sur les colonnes où des chapiteaux sculptés complètent cet ensemble.
Les chapiteaux exhibent des thèmes végétaux et anthropomorphes, tels que la représentation d'un homme assis ou d'un homme en train d'être avalé par des animaux, un thème commun à la région de l'axe Braga-Rates.
Après ces arcs et ces petites nefs, la vaste spatialité de la nef unique nous surprend par son contraste. Sa dimension, en plus de sa grande hauteur, nous révèle un lieu d'exception au niveau de l'art roman construit sur notre territoire.
L'arc triomphal, en lancette et surmonté d'un oculus encadré, est composé de trois archivoltes reposant sur de petites colonnes encastrées dans le mur, avec des chapiteaux sculptés dans le granit, à grain plus fin que celui qui est utilisé dans le reste de l'Église. Ce granit permet un traitement plus précis et défini des formes sculptées.
Les sculptures affichent des monstres en train d'avaler des figures nues, qui leur pendent de la bouche par les pieds, un thème issu de la région de Braga, qui se répète sur le portail principal et sur l'un des chapiteaux supérieurs de la première travée de la nef.
Les archivoltes exhibent des motifs denticulés. Étant donné la dimension de la baie de cet arc triomphal, par rapport aux arcs de la première travée de l'Église, nous lui attribuons une chronologie plus tardive.
En outre, la grande ampleur du sanctuaire et le fait qu'il ait, à l'extérieur, des modillons plats, dénotent la continuation de l'utilisation du modus aedificandi roman, assumant déjà un caractère roman de résistance.
Cet espace de l'Église a de grandes fenêtres rectangulaires, créant un contraste marqué avec les ouvertures d'origine médiévale qui éclairent toujours l'intérieur de la nef, de façon diffuse.
Le caractère roman est bien présent sur la partie extérieure de ce temple religieux. La présence de pierres ayant des acronymes le long de ses parements, réutilisées aussi dans les murs autour de l'Église, nous renvoie à l'organisation des chantiers de l'époque.
Sur la façade principale, une ouverture étroite surmonte le portail composé de trois archivoltes en lancette et en chanfrein. Il y a également trois fûts avec des cannelures et des chapiteaux ornés de motifs végétaux et animaliers.
La sculpture à motifs végétaux et anthropomorphes, fixée à l'évasement, révèle une chronologie plus tardive que celle des chapiteaux supérieurs de la nef, plus amples, voire même ceux de l'arc triomphal. L'ensemble est entouré d'une frise échiquetée dont l'imposte s'étend sur toute la façade.
Bien que, de nos jours, il n'y ait plus qu'un tympan lisse, en 1924, il y aurait une grande pierre de granit épaisse adossée à la façade. Avec une croix gravée au centre, cette pierre servait de tympan et faisait certainement partie de ce portail. Juste au-dessus de ce portail, quatre modillons témoignent de l'existence d'un porche.
Sur la partie supérieure, une corniche repose sur une bande lombarde, motif récurrent dans plusieurs bâtiments de la région du bassin de Sousa. Ses arceaux sont soutenus par des modillons avec une décoration zoomorphe en forme de têtes de bovidés, certaines plus précises, d'autres plus diffuses ou usées.
Sur cette partie occidentale se trouve aussi le clocher, également compact, avec deux arcs en plein cintre de chaque côté pour abriter les cloches. La façade occidentale est, finalement, appuyée sur deux contreforts aux coins qui aident à mieux soutenir cette structure lourde et massive.
Bien que le corps de l'Église ne soit pas voûté, les murs sont renforcés par des contreforts biseautés qui se terminent au-dessous de la corniche. Sur les élévations latérales, la corniche est soutenue par des modillons plats.